Parce que je ne vois pas pourquoi ça ne vous intéresserait pas

Les Loups-garous

Je ne vous prends pas pour des cons – en tout cas pas si ouvertement – donc non, ça n’est pas une critique de la créature légendaire. Si on attaque cette pente glissante, ça finit sur quels sujets fictifs ? Le dahu ? Les succès de Macron ? Les Gremlins ? Je vais rester terre à terre et analyser Les Loups-garous de Thiercelieux, un jeu qui vous fera espérer que de vrais loups-garous viennent vous libérer d’une partie.

Des jeux, il en existe des milliers. Ce sont donc des milliers de raisons de ne PAS niquer sa soirée en sortant celui-ci. Personnellement, je pense que je préfère jouer à Juduku1 avec ma mère que de faire une partie de Loups-garous, et ce pour 5 raisons (la 4ème va vous surprendre).

7 personnes autour d'une table votent, surtout des pouces vers le bas
« Allez on vote : qui trouve que Sandrine a bien fait d’apporter ce jeu plutôt qu’une bouteille ? »

1. Y’en a un qui ne joue pas

Pour faire une partie de Loups-garous, il faut un maître du jeu, donc quelqu’un qui va passer sa soirée à regarder les autres (mal) jouer, et probablement s’emmêler les pinceaux. Il va se planter dans l’ordre des personnages, en oublier un une nuit, et finalement gâcher la partie ce qui est un exploit puisque ça revient à échouer à cuisiner un quatre-quarts à la merde.

À la fin, tout le monde lui en voudra alors qu’il s’est sacrifié pour le groupe. Être maître du jeu, c’est être l’arrière du déguisement de cheval après un cassoulet. Le seul avantage à être maître du jeu, c’est de ne distribuer que des cartes villageois, les faire mourir au hasard la nuit, et les regarder devenir fous.

2. Ah non, y’en a DEUX qui ne jouent pas

Par quoi on commence un loup-garou ? Par réexpliquer toutes les cartes pour les étourdis qui confondent encore sorcière et voyante après 100 parties. Mais ensuite, par quoi on commence vraiment ? Par fermer les yeux 5 minutes pendant que le maître du jeu appelle le voleur, le lapin blanc, le chien fou, le pyromane, le marionnettiste, le juge bègue… (un seul de ces rôles est faux, dites moi lequel en commentaire).

Mais après tout ça, quand il est 22h30, par quoi est-ce qu’on commence vraiment ? Par ouvrir les yeux et découvrir que Machin est mort et qu’il ne va donc pas jouer cette partie. Il n’aura servi à rien, éliminé avant d’avoir ouvert la bouche, comme s’il avait tiré la carte bébé Courjault.

3. Le règne de l’arbitraire

Tuer des gens au hasard, je vais pas faire comme si c’était pas fun. Mes heures perdues sur GTA ou Far Cry en sont un témoignage. Mais s’il faut débattre avant de tuer des gens, autant être médecin en soins palliatifs, au moins on baise des infirmières (ou des comateux, si on est moche).

Parce que « jouer » aux Loups-garous, c’est ça : passer la journée à inventer des raisons pour tuer quelqu’un au pif, et passer la nuit à faire le même débat, mais par le seul regard. En terme de fun, et de durée, c’est comme être condamné à regarder un débat politique entre Mélenchon et Ciotti jusqu’à ce qu’ils se mettent d’accord.

4. Un jeu français, mais pas trop

Cocorico ! Un jeu français qui cartonne ! La preuve : il a été adapté en film avec Franck Dubosc. Sauf que c’est aussi original et français qu’un spectacle de Gad Elmaleh ; Le jeu soviétique Mafia, créé 15 ans plus tôt par Dimitry Davidoff, fonctionne exactement pareil.

Les Français ont au moins eu l’idée de le transposer dans un univers loup-garoutesque ? Même pas ! C’est un Américain, qui l’a fait en 1997. Le seul talent des créateurs des Loups-garous de Thiercelieux ? Avoir fait dessiner des cartes moches à leurs enfants et nous vendre 10 balles (hors extensions) un jeu qu’on peut faire avec 1 stylo et 2 feuilles de sopalin.

5. Plein d’alternatives

Pas besoin de chercher très loin pour trouver une meilleure manière de passer la soirée : un puzzle incomplet ou bien aller se coucher sans manger sont préférables à une partie de Loups-garous. Mais faites un Pandémie, un 7 Wonders, ou même, je sais pas, racontez-vous vos dernières vacances. Bien sûr que c’est chiant, mais est-ce vraiment pire que de débattre sur qui n’est pas de notre village et qui a voté quoi au dernier tour ? On aura déjà ces conversation en 2027 sous le Président Bardella.

0,5/5

Peut-on mettre plus d’un demi sur 5 à ce jeu long et chiant comme un nuit polaire ? Les Loups-garous aurait pu rester niche, pour des fans de lycanthropes, mais il a envahi nos placards comme s’il était amusant ou même original. Il a même réussi à faire descendre Garou à la deuxième place des pires choses avec « Garou » dedans.

Si vous n’avez pas de meilleure idée pour vous occuper en groupe, arrêtez de voir vos amis tant que vous ne leur trouvez pas un meilleur usage.

  1. Juduku, un jeu « olé olé », qui ne mérite pas un article ni même le carton sur lequel il est imprimé ↩︎

Commentaires

Une réponse à “Les Loups-garous”

  1. Avatar de admirateur.ice secret.e

    Être villageois dans ce jeu, c’est un peu comme boire de la villageoise : on fait semblant que c’est agréable, mais on sait que ça va mal finir

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