Parce que je ne vois pas pourquoi ça ne vous intéresserait pas

Les entrepreneurs

Askip ce sont les entrepreneurs qui font tourner la France, et c’est pour ça qu’il faut les encourager. J’ai donc étudié ces risque-tout qui décident de quitter leur petit confort pour bosser à fond sans jamais se plaindre – à part dans les journaux, la radio, la télé et les réseaux sociaux. J’en ai tiré le portrait robot du vrai entrepreneur : quelqu’un de trop nul pour garder un emploi et trop pauvre pour être rentier.

Un salarié qui devient entrepreneur, c’est un peu comme le client d’une pâtisserie qui décide de faire lui-même son mille-feuilles : de la confiance en soi injustifiée et un désastre prévisible. Pour la plupart des gens, être son propre patron c’est avoir un patron encore plus con qu’avant ET un employé incompétent sur les bras. L’entrepreneur, c’est le genre de mec qui croit qu’il peut faire atterrir un avion alors qu’il raye sa Twingo à chaque créneau.

L’entrepreneur, bourreau de travail

Le petit patron vous dira toujours – même si vous ne demandez pas, d’ailleurs – qu’il travaille beaucoup. Ce qui donne des titres de presse cocasses :

article LCI : "Je travaille 240 heures par semaine pour 0 euro" : un patron de TPE sur deux gagne un salaire inférieur au Smic

On a donc une petite patronne qui a le temps de répondre à la presse alors qu’elle bosse 143% du temps et dort un nombre d’heures négatif. Posons nous la question : est-ce que son business ne serait pas foireux dès le départ ? Autre possibilité à envisager, c’est qu’elle passe ses journée à enfoncer des vis avec un marteau. Tout le monde n’a pas les outils (intellectuels, j’entends) pour faire tourner une affaire, et c’est pour ça qu’on case les plus retardés dans des institutions spécialisées ou des agences bancaires.

Le petit patron écrasé par les taxes

Quand ça ne pleurniche pas parce que ça doit bosser, ça pleurniche parce que ça paie des impôts. En oubliant au passage que les employés aussi en paient, et qu’ils n’ont pas le luxe de frauder aussi massivement que les patrons.

Le problème, c’est que pour se plaindre de quelque chose, il faut pouvoir être crédible. Et les entrepreneurs sont à la bonne foi ce que Kev Adams est au talent : absolument étrangers. Je ne peux pas imaginer que quelqu’un prenne un marqueur et aille se faire photographier avec un écriteau aussi absurde :

Je sais pas si tout le monde est allé jusqu’en 5ème, mais aux dernières nouvelles, 1 700€ TTC ça fait 1 417€ HT et pas 1 190€. En plus, elle pourra déduire la TVA de ses bâtons de colle qu’elle doit sûrement manger par dizaines. Sans parler qu’avec 20k€ par an, cette Che Guevaratée est loin d’être concernée par la baisse du seuil contre laquelle elle manifeste – perdant au passage une journée de travail, mais bon, ça fait jamais que 40€ si on la croit. Son temps serait mieux employé à améliorer ses mauvais chiffres ou mieux : chercher un emploi pas encore remplacé par l’IA.

Un indépendant sous perfusion

Quand on n’est pas salarié, c’est pour ne pas être dépendant d’un patron. On oublie souvent qu’on est dépendant de clients, et que ces gens-là sont encore pires. Un patron s’autorise rarement à vous mettre publiquement une note 1/5 parce que votre boutique était fermée pour l’enterrement de votre fils, et du coup il a pas pu retirer son colis de cosmétiques coréennes Aliexpress qui finiront par lui coller le cancer de la peau qu’il mérite.

Quand ils n’ont plus de clients, les commerces survivent grâce à coups de 50 centimes par colis mais ça y est, on s’est rendu compte que les lockers c’était moins cher donc c’est la fin du monde pour les merceries qui vendaient un dé à coudre par semaine.

Article Le Monde : « Je suis obligé de fermer la boutique » : la détresse des commerçants « virés » par Mondial Relay

Vous allez me dire que le remplacement des humains par des machines est terrible, mais on a mis le doigt dans cet engrenage le jour où on a inventé la machine à vapeur. Et si je me fais livrer en point relais, je préfère y avoir accès 24/7 que de faire la queue derrière un tonton qui a un problème de carte SIM.

note : 1/5

L’entrepreneur n’est finalement que la victime d’un système qui fait croire aux dindons qu’ils peuvent voler parmi les aigles. N’oublions pas que le président qui a créé les auto-entrepreneurs a fini en prison ; pas pour ça, ok, mais moi j’dis : y’a pas de fumée sans feu. On était censé penser indépendance, liberté, dynamisme, et 15 ans plus tard, on pense livreur Uber Eats et animatrice de goûter d’enfants. Moralité : n’entreprenez rien, c’est le meilleur moyen de ne jamais échouer.

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