Disclaimer : je ne vais pas me moquer de la météo bretonne dans cet article. J’aimerais faire croire que c’est parce que je suis contre la blague facile, mais il y a trop de pièces à conviction sur ce blog pour que je mente. J’ai plutôt peur que ça vieillisse mal, quand la Bretagne sera la seule zone habitable de France en été, quand leur eau sera toujours parfumée aux excréments de porc mais que ça sera la seule qui reste à boire dans le pays. C’est ça la vraie apocalypse du changement climatique : rendre la Bretagne désirable.
Oublions donc le climat qui fait qu’on ramasse les moules directement sur les portières des Twingo, et voyons plutôt les étranges habitants de cette contrée pittoresque. Les Bretons n’ont pas d’accent, mais on les reconnaît quand même parce qu’ils arrivent toujours avec leurs gros sabots. Au sens figuré, bien entendu, puisque les baskets ont été introduites en Bretagne depuis 2007. Je veux dire par là qu’ils ont absolument besoin qu’on sache d’où ils viennent. Un peu comme des Corses, mais gentils. C’est pour ça qu’on verra flotter le drapeau breton à la fenêtre de natifs qui n’ont pas été plus à l’Ouest que le Mans depuis leurs 8 ans, mais qui sont ancrés à leur identité régionale parce qu’ils ont oublié de développer une personnalité par ailleurs.
Les prénoms bretons, ou quand le chat marche sur un clavier Qwerty
Certains n’ont de toute façon pas le choix d’assumer leurs origines quand de facétieux parents marquent leur état civil au fer rouge de la wouelle1. Passons sur les classiques Soizic et Gwendal qui puent les algues vertes au beurre salé ; le bretonnisme est devenu un alibi pour tous les prénoms imaginaires comme Derwan, Arzu, Greduwen ou Primaël. Un seul de ces prénoms est faux, mais j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois, parce que même en inventant n’importe quoi j’arrivais à trouver quelqu’un à qui ses parents avaient transmis ce « prénom », comme on transmet la mucoviscidose.

Quand quelqu’un au prénom contrefait genre Zédrik ou Emmagrüel se justifie par « c’est breton », sachez que le pauvre bougre en est probablement convaincu. Ses parents n’ont pas eu le cœur de lui avouer que leur élocution altérée par le chouchen devant l’officier d’état civil avait eu raison de son identité. Pas honteux pour autant, les Bretons vont jusqu’à peindre ces hérésies sur leurs bols, comme si chaque gorgée de cidre leur donnait autant de points au triste scrabble de la vie2.
La culture bretonne
Même s’ils portent un prénom normal et qu’ils s’abstiennent de coller le Gwenn ha du sur leur porte d’entrée, les Bretons sont – comme tous les Français, au fond – fiers de leur région, contre toute logique.
Évidemment, ils ont des saucisses, ce qu’on ne trouve nulle part en France si ce n’est à Morteau, Strasbourg, Toulouse, Montbéliard ou Auchan. La différence, c’est que les Bretons ont une recette élaborée, à savoir la rouler dans une crêpe, qu’ils s’obstinent à appeler « galette » mais qu’on mange pourtant dans des crêperies.
N’oublions pas le fameux beurre salé, qui leur permet d’allier cholestérol et hypertension en une seule tartine. Quand on pense que jusqu’en 2016 les homosexuels ne pouvaient pas donner leur sang mais les Bretons oui, ça laisse imaginer la force de leur lobby. Une étude du MIT à montré que chaque mouette qui vole le kouign-amann d’un touriste lui redonne 6 mois d’espérance de vie.
Ils ont aussi pour eux Nolwenn Leroy, que vous avez le droit de ne pas aimer, mais le deuxième choix est le biniou donc réfléchissez bien. Par temps dégagé (jamais, donc) on peut voir au-delà de la mer le pays de Queen et des Rolling Stones, ce qui explique pourquoi on appelle ça la Grande Bretagne. Et même si on se bouche les oreilles, on les verra toujours danser en rond en se tenant par les petits doigts, tels des lépreux cherchant un difficile équilibre entre chorégraphie et distanciation sociale.

Les Bretons sont comme des bègues : évidemment qu’on se moque d’eux, mais on fait ça dans leur dos, on sait que ça n’est pas de leur faute et qu’il faut avoir de l’empathie. Par contre si vous êtes bègue et Breton, faut pas exagérer, allez bien niquer vos mères.
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