Parce que je ne vois pas pourquoi ça ne vous intéresserait pas

  • Les allergiques imaginaires

    Quand on était enfants, la vie était beaucoup plus simple. Pas seulement parce qu’on était des enfants et que nos géniteurs inconscients s’étaient implicitement engagés à nous nourrir, nous loger, nous vêtir et nous torcher pour des décennies, mais aussi parce que l’époque était plus sereine : pas de sida, de délocalisations, de Nicolas Sarkozy ni de crise de la dette. Mais le monde a changé (ou alors on en a pris conscience) et sont apparus, entre autre fléaux, les allergies alimentaires.

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  • Les fans nu(e)s qui s’immolent sur mon paillasson mais aussi des personnes réelles me demandent parfois comment je m’y prend pour écrire un article. Ma réaction habituelle est de rester évasif ou de faire une pirouette dont nous autres créatifs avons le secret – je parle de pirouette intellectuelle, j’ai arrêté le patinage artistique en 2008 – mais je me suis rendu compte que ce serait prétexte à un article intéressant, en tout cas qui permettrait de disserter sur un sujet passionnant : moi.

    Parfois un article peut être écrit en une traite et publié dans la foulée. D’autres fois c’est plus laborieux, parce que le sujet était plus adapté pour un tweet de 140 caractères qu’un article de 600 mots. Pour illustrer les coulisses du blog je vais prendre un exemple précis, celui du dernier article sur le KFC, et nous allons grâce à l’historique internet remonter les errements qui ont pu mener à sa publication.
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  • Je dois avouer que je suis pas contre me taper un bon p’tit KFC de temps en temps. Si vous êtes un peu au courant de la clientèle de la marque, vous en déduirez que je suis un jeune Noir urbain, mais ça ne prouve rien même si c’est statistiquement plausible.
    On tombera d’accord qu’en terme de poulet frit on n’a rien fait de mieux (dans le commerce de masse j’entends), surtout pas les nuggets fourrés aux restes de volaille Poulet frit maison(pattes, becs, plumes) et à la farine transgénique. On peut bien sûr essayer de frire soi-même ses morceaux de poulets dans sa propre panure, ce qui est une excellente occasion d’imprégner son appartement d’une puissante odeur de friture et/ou d’ébouillanter ses amis accidentellement, soi-disant. J’ai essayé.
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  • Voilà, vous avez envoyé les invitations la semaine dernière, tout s’est passé comme je l’avais prévu, et maintenant vous êtes seul(e) chez vous, fraîchement épilé(e), à attendre que la fête commence.
    Sur les 50 personnes invitées, 5 ont répondu oui et 5 ont répondu non, vous laissant espérer entre 5 et 45 participants. Vous avez passé l’après-midi à faire des courses – quelques pizzas surgelées, voire un seau de tarama pour les gourmands, et toutes sortes de bouteilles – puis vous avez poussé les meubles, préparé une playlist et posé un marqueur à côté de la pile de gobelets.

    À présent il est 21h20, le guacamole commence à noircir et toujours personne n’est arrivé alors que vous aviez invité pour 20h. Pourtant cet après-midi vous avez reçu des messages pour vous demander l’adresse et le code, que vous aviez pourtant précisés par mail, sms et Facebook malgré mes conseils. Vous commencez à envisager de vous servir une troisième vodka-pamplemousse quand finalement la sonnette retentit enfin.
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  • Avec le beau temps (relatif) qui arrive enfin, les citadins vont sortir de chez eux et encombrer les terrasses de café et les berges des canaux qu’on retrouvera le lendemain pleins de cadavres, malheureusement de bouteilles et pas de fêtards. Vous aurez sans doute remarqué poindre une certaine hostilité envers la race humaine dont je ne me cache pas, et qui me pousse à vous parler aujourd’hui des soirées chez soi. En effet, en sortant on a de fortes chances de se retrouver entourés de cons, alors qu’en organisant une fête à domicile, au moins on est entourés de cons qu’on connait. Et c’est beaucoup plus reposant.
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  • On pense à autre chose, on espère qu’elle n’arrivera jamais et pourtant, chaque année elle finit par frapper. Comme le sida, son origine est incertaine mais le mal est apparu il y a trente ans et n’a cessé d’empirer et de s’étendre autour du monde. On a beau se défendre, tenter d’y échapper, sournoisement elle nous rattrape en envahissant nos foyers mal protégés, ou bien en nous prenant par surprise dans la rue.
    Vous l’aurez compris, aujourd’hui c’est la fête de la musique.
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  • Il y a quelques années, lorsque j’étais encore un chiard, je me rappelle avoir taxé des forints partout autour de moi pour jouer d’innombrables parties de Tetris sur une borne d’arcade dans une Hongrie qui sortait à peine de l’époque soviétique. J’avais probablement à la maison deux ou trois jeux électroniques qui faisaient la même chose gratuitement mais quand on est gamin on est con.
    Et quand on est grand aussi : c’est là dessus que compte La tête dans les nuages, une salle d’arcade intelligemment située sur les Grands Boulevards, près de l’Opéra Garnier. Un quartier pas cher donc, où on peut aller claquer son argent aussi bêtement que si on achetait un rasoir avec manche vibrant ou de l’homéopathie.
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  • En ce mois de juin, de nombreux/ses lycéen(e)s se demandent ce qu’ils vont faire à la rentrée et s’ils vont enfin perdre leur virginité cet été. Concernant cette dernière question, ben je peux pas être partout, mais pour la première je vais leur faire partager mon expérience.
    La société, vos parents, le premier ministre, tout le monde vous le dira : il faut faire des études, même si les plombiers gagnent mieux leur vie que les généralistes. Non, les études c’est important, parce qu’après on ne peut plus sortir tous les soirs de la semaine, on ne peut plus considérer comme optionnel de se lever le matin, et on ne peut plus faire des manifs sans en connaître le motif. J’ai moi-même fait des études utiles, mais les jugeant trop courtes j’ai pris un peu de répit avant, et j’ai fait un passage à l’Université Paul-Valéry Montpellier III. J’aurais aimé interroger quelqu’un qui y a fait tout un cursus, mais je ne fréquente des gens qui ont un travail. Cependant mon année d’observation oisive me semble suffisante pour informer les jeunes de ce qui les attend.
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  • Je ne sais plus où j’avais récupéré cette bête étrange, peut-être à Nausicaá, ou peut-être dans le port de Marseille où je m’étais baigné suite à un pari stupide. Ou peut-être cette fois où je jouais avec mes neveux dans un grand champ en cours de moisson devant ma maison, et où j’avais grondé celui de six ans qui jouait avec une débroussailleuse, pour me faire bien voir des touristes en pick-up qui passaient par là. En tout cas je n’avais jamais vu d’animal comme ça, une sorte de petit serpent capable de se redresser sur sa bouche puis de se retourner comme un gant et de prendre plusieurs formes en fonction des circonstances, pour se défendre la plupart du temps.

    J’étais un peu en retard à la piscine du parking sous-terrain, mais de toute façon il n’y avait plus qu’une voie pour aller à l’aéroport, il fallait donc s’inscrire sur une liste d’attente. Les autres avaient presque fini de se nettoyer et je les ai rejoint en me demandant comment je pourrais transporter la bête. Je l’ai posée par terre, et pendant que je cherchais lequel de mes tupperwares avait la forme la plus adaptée (et ne contenait pas un fond de fromage) la bestiole émettait un son strident en se convulsant. Le vétérinaire à côté de moi m’a expliqué qu’on l’avait touchée tout à l’heure, et que ça l’avait infectée, d’ailleurs ça se voyait, il y avait une sorte de moisi blanc qui avait poussé dessus.

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  • Pendant que le cinéma français se fait enculer par Kassovitz, moi je reçois des invitations pour des soirées bien plus prestigieuses qu’une stupide montée des marches en compagnie de la sous-préfette. Invitation au showroom de Poltrona FrauGrâce à la notoriété de ce blog, j’ai été convié à une soirée privée au showromm de Poltrona Frau. Vous ne connaissez pas Poltrona Frau ? Ça veut dire que nous vivons dans le même monde, où on achète ses meubles chez Ikéa. Vous ne maitrisez pas la langue de Tatcher ? Disons que showroom peut se traduire par "boutique sans prix affichés tellement ils sont surréalistes" et que le showcase d’un invité surprise – promis par l’invitation – se dit en français "mini-concert de quelqu’un si inconnu que préciser son nom serait contre-productif".
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