Ce que j'en pense

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parce que je ne vois pas pourquoi ça ne vous intéresserait pas

Le cinéma en plein air

Chaque été le parc de la Villette organise des séances de cinéma en plein air. L’occasion de (re)voir sous les étoiles des films marquants de différentes époques (1962 à 2012) tout en partageant un piquenique avec des amis après une chaude journée. Comme c’est gratos, je me suis dit que ce serait l’occasion de passer une bonne soirée avant que l’hiver parisien ne s’installe pour huit mois. C’était évidemment trop beau pour être vrai.

Comme pour tout rassemblement d’amis, les gens arrivent entre quinze et trente minutes en retard. J’aime bien les téléphones portables parce qu’ils permettent de faire semblant d’être en communication quand on croise des mecs de la Croix-Rouge dans la rue, mais avant les gens étaient à l’heure sinon ils perdaient le reste du groupe. Bref, on finit par s’attendre sur la pelouse et visiblement tout le monde fait pareil puisque des dizaines de personnes sont debout, un téléphone à l’oreille, en train d’agiter les bras en l’air pour se faire repérer dans un pré d’un hectare. C’est à ce moment qu’il faut trouver une bonne place, puisque des connards prennent des transats pour avoir le plaisir de gâcher la vue de tous ceux derrière eux.

On partage un bout de jambon spongieux sur une baguette molle et du vin mal choisi, puis on attend parce qu’on est venu trop tôt. Bien après la tombée de la nuit, la séance commence, mais avant le film il y a un petit court-métrage. C’est plutôt une bonne idée, on ne voit pas assez souvent de courts-métrages. Sauf qu’ici, le court-métrage est un plan-séquence sur des ados en train de faire… rien. Pour ceux qui pensent que j’exagère, voici un extrait :

Voilà. Et c’est seulement un extrait, imaginez un peu cette souffrance étalée sur cinq minutes. Le pire, c’est qu’ils infligent ça aux spectateurs tous les soirs, puisque la talentueuse "réalisatrice" en a chié 17 dans la même veine. Fallait s’y attendre, c’est soutenu par Agnès B, qui a quand même sorti le pire film de la décennie que je résumerai par cette critique glanée sur internet : "une expérience cinématographique particulièrement déplaisante".

Enfin vers 22h30 le film commence. Ça tombe bien, on commence à se peler les miches sur la pelouse. On essaie de trouver la position la moins inconfortable et on fait fi des bavardages en 5.1 ainsi que des têtes devant l’écran juste au niveau des sous-titres. C’est en grelottant sous ma couverture que je pense à ma carte UGC qui m’a déjà coûté plus de 2 500 € en onze ans, mais dont je dédaigne les salles modernes et confortables pour aller voir des films dans une obscurité relative et sous un ciel menaçant.

Cinéma à la Villette
"- Qu’est-ce qu’on regarde ce soir ?
– Des nuques. "

Ce soir-là c’est Carrie au bal du diable, adapté du roman de Stephen King et réalisé par Brian de Palma. Si ça donne envie sur le papier, en réalité c’est une horrible guimauve, mais ça reste meilleur qu’un film d’Agnès B. Le développement des personnages est inexistant, la narration réduite au minimum pour faire de plus longs plans sur les jambes des filles, avec une musique à la flûte évoquant l’œuvre de Olivier Dassault. Au milieu de ce fantasme pédo-érotique, John Travolta se fait sucer en voiture par sa copine qui lui parle en même temps, ce qui m’a rappelé une blague avec une pute qui a un œil de verre. Comme les scènes sont sombres et le projecteur de la Villette pas assez puissant, on ne reconnaît pas les personnages et on ne comprend rien.

Quand le film se termine, vers minuit, tous ceux qui ont eu le courage de le supporter jusqu’au bout se ruent vers le métro le plus proche. Évidemment c’est le bordel, ça se bouscule, tout le monde tombe sur les voies et meurt électrocuté, du coup il faut rentrer à pied.

3/5
Expérience collective du cinéma mon cul ! Si comme moi vous avez la flemme de bouger jusqu’à la Villette, téléchargez le chef-d’œuvre du septième art programmé – cette semaine, Les Beaux gosses – et ouvrez vos fenêtres en grand (sauf si vous pouvez mettre la clim à 17°). Virez votre canapé, asseyez-vous sur un bout de moquette humide, réglez la luminosité de votre télé au minimum et collez-y le patron que je vous fournis gracieusement. Ça y est, vous avez un open-air home cinema !
silhouette de foule à découper pour fixer au bas de votre écran.


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Ce que les autres pensent de “Le cinéma en plein air

  1. J’adore, j’adhère !

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