Ce que j'en pense

Ce que j'en pense

parce que je ne vois pas pourquoi ça ne vous intéresserait pas

Viens avec moi derrière les pins

Il y a des jours comme ça où tu es faible et tu écoutes les gens qui te conseillent chaudement d’aller voir The Place Beyond the Pines alors que la bande-annonce elle-même est un remède contre l’insomnie. Je n’ai aucun scrupule à vous spoiler puisque le film est sorti le 20 mars mais un casting vendeur fait qu’il est injustement encore à l’affiche, tandis que Une chanson pour ma mère n’est resté qu’une semaine malgré la présence de Dave. Là, avec Ryan Gosling, le public visé est clairement la couguar le cinéphile qui vient voir la performance d’un acteur "électrique  comme l’a écrit 20 minutes, un journal de référence. Cette critique est d’ailleurs reprise en gros sur l’affiche où l’on peut voir Gosling ayant l’air de s’être fait piquer son goûter, et qui laisse penser qu’il incarne le personnage principal. Mais peut-on faire confiance à une affiche ?

Ryan Gosling alias Luke, se demandant pourquoi il s'est fait faire un si horrible tatouage
Ryan Gosling alias Luke, se demandant pourquoi il s’est fait faire un si horrible tatouage

Le film ouvre sur un plan montrant Ryan Gosling, mais sans la tête et sans t-shirt. Un torse, musclé et tatoué, qui résume bien la carrière actuelle de l’acteur et ce que les producteurs attendent de lui. On suit donc la vie de Luke, dont la caméra a fini par nous montrer le visage, un cascadeur de fête foraine qui revient dans la ville où, un an auparavant, il ramona Romina. Comme cela arrive parfois chez les pauvres, Romina est tombée enceinte et a élevé seule leur enfant, sa foi chrétienne l’empêchant d’avorter, mais pas de baiser sans capote avec des forains. Luke, plutôt que de lui casser la gueule comme elle le mérite, décide de tout quitter et de s’installer en ville pour subvenir aux besoins de son fils, sans même faire de test ADN. Mais travailler c’est trop chiant alors il préfère braquer des banques avec sa moto, et essaye de séduire Romina avec des liasses de billets dans des sacs plastique. Alors qu’on commençait à s’attacher à ce sympathique personnage qui file des coups de clés à molette dans la tronche des gens qui le contrarient, un braquage tourne mal et il se fait descendre par un flic. À ce stade, on se dit qu’on va enfin rentrer chez soi, puis on regarde sa montre et on réalise qu’il ne s’est écoulé que 45 des 140 minutes du film. Angoisse.

Ryan Gosling, l'étourdi, a encore perdu sa chemise.
« Mmmm… avec ce pognon je vais pouvoir faire dessiner mes prochains tatouages par un adulte pour changer !« 

Ce bon vieux Luke est mort, et même s’il ne l’a pas volé, ça tourmente un peu le policier qui l’a abattu en faisant croire à de la légitime défense. Voilà donc le nouveau héro du film, sorti de nulle part : après le loser sociopathe, le flic à la gâchette facile… Mais pour qu’on comprenne qu’il n’est pas méchant – juste un peu maladroit – il est entouré de méchants ripoux qu’il dénonce à ses supérieurs. Il profite de cette action héroïque pour se lancer en politique comme tous les gens honnêtes, et "quinze ans plus tard" apparaît sur l’écran. Tant pis pour ceux qui s’intéressaient plus à la seconde histoire qu’à la première : elle est finie et on en démarre une troisième, celle des enfants des deux premiers protagonistes.

Viens avec moi dans la clairière, tu verras de quoi elle a l'air...
Viens avec moi dans la clairière, tu verras de quoi elle a l’air…

Après ces 90 premières minutes pas franchement nécessaires, on s’intéresse – enfin, le film s’intéresse – à la vie de ces deux ados, américains donc drogués, alcooliques et délinquants multirécidivistes. Jason, le fils de Luke, ne connaît pas la vérité sur son père, pauvre choupinou, alors il déconne à plein tubes surtout quand son nouveau pote, qui aime bien faire chier son politicien de père, le force à voler des produits rigolos à la pharmacie. Si vous allez voir le film, c’est le moment d’aller fumer dans les chiottes ou de remplir votre déclaration d’impôts parce qu’il ne va plus rien se passer. Jason va mettre un bon quart d’heure à comprendre que le père de son ami a buté le sien, ce qu’on aurait pu découvrir en même temps que lui si on nous avait épargné le début du film.
Du coup ils vont se chamailler et Jason va finir par emmener l’ancien flic dans les bois pour le buter. Mais c’est un con d’ado, et son traitement contre l’acné doit agir sur ses hormones puisqu’il se met à chialer et part en courant dans la forêt. L’épilogue, c’est qu’il achète une moto et part sur la route, sans même dire au revoir ni merci au mec qui la lui vend, petit merdeux.

Un pouce, y'a pas de quoi pavoiser !
Pourquoi faire un film de plus de deux heures quand on n’est pas capable de tenir un public éveillé quinze minutes ? Pourquoi raconter trois histoires quand aucune ne mérite qu’on en fasse un film ? Le réalisateur Derek Cianfrance n’a pas encore répondu à mes emails haineux. Fait rare dans l’industrie, quand il sortira en Blu-ray, ce film aura moins de valeur que le plastique sur lequel il aura été pressé.


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Ce que les autres pensent de “Viens avec moi derrière les pins

  1. avatarPédro Torres

    Ça donne envie ! 😉

  2. avatarcritique-ouverte

    T’es vraiment un rageux :p
    ce film est tout de même au dessus de la plupart des bouses qui passent au ciné.
    http://critique-ouverte.blogspot.fr/2013/03/the-place-beyond-pines.html

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