Ce que j'en pense

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Le brunch, nouvel office religieux

Depuis qu’on ne va plus à l’église que pour des premiers mariages, on s’emmerde sec le dimanche matin. Les ruraux ont toujours un lopin de terre à retourner ou des chats à noyer, mais trouver une activité dominicale est plus compliqué pour les citadins. Les magasins de bricolage sont maintenant ouverts le dimanche, mais au bout d’un mois la sortie hebdomadaire chez Castorama peut briser un couple et faire exploser son budget tournevis. Alors que faire si on ne peut pas acheter des trucs ? Alors que glander au travail est une activité épanouissante, ne rien faire le weekend révèle cruellement la vacuité de nos existences. Heureusement il y a le brunch.

Le brunch est supposé être un compromis entre le petit-déjeuner et le déjeuner, pour les lève-tard du dimanche. Du lundi au vendredi, on est juste un chômeur qui réchauffe une pizza après sa grasse mat’.
En réalité, le brunch consiste à manger n’importe quoi dans n’importe quel ordre mais à payer effectivement le prix de deux repas. Car il se prend de préférence dans un restaurant fooding ou bistronomique, ou mieux : tenu par un ancien candidat d’émission culinaire, ces programmes où des cuistots relèvent des défis entre deux placements de produits.

Les œufs bénédicte, indissociables du brunch (et des infarctus)
Les œufs bénédicte, indissociables du brunch (et des infarctus)

Salade de fruit, œufs, pancakes, bacon… le brunch est comme un petit-déjeuner d’hôtel, mais au lieu d’être servi à des touristes et des VRP, il attire plutôt les couples gays et leurs amies vieille filles qui placent leurs derniers espoirs de maternité dans la GPA. Impossible de les rater : ils passent plus de temps à photographier leurs plats qu’à les manger.

Parfois, en échange d’un supplément conséquent, le brunch est accompagné d’une coupe de champagne. Le champagne a cette propriété de pouvoir être bu au réveil sans passer pour un alcoolique contrairement au rosé-pamplemousse. Réservez le brunch à 125€ du Park Hyatt Vendôme et demandez à remplacer le Krug Grande Cuvée par une pinte de 33 Export, vous ferez fureur.

Pavé de froment bio levé et juste grillé et son beurre cru à la fleur de sel de l'île de Ré fabriqué en baratte traditionnelle. Soooo fooding!
Pavé de froment bio levé et juste grillé et son beurre cru à la fleur de sel de l’île de Ré fabriqué en baratte traditionnelle

Le brunch étant à la mode, la tentation est grande de vouloir surenchérir, et c’est ainsi qu’est né le drunch, un mot qui sonne aussi doux aux oreilles qu’un chiot dans un lave-vaisselle, et qui en mélangeant lunch et dinner ne sert finalement qu’à faire passer l’apéro dînatoire pour un truc tendance. L’origine du mot est controversée, et d’aucun prétendent qu’il est en réalité la contraction de drunk (bourré) et lunch, accréditant la thèse que les anglicismes ne servent qu’à mettre un peu de paillettes sur la réalité de l’alcoolisme mondain.

3 saucisses sur 5, un bon début mais peut mieux faire
Mon sentiment étant mitigé sur le brunch, je lui attribue 3 saucisses sur 5. C’est un moyen pour les restaurateurs de fourguer leurs restes de la semaine, c’est fréquenté par des hipsters et des gens qui "bossent dans la com", mais c’est toujours mieux que d’aller manger des hosties, faire le marché ou pire : jogger dans un parc.


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Ce que les autres pensent de “Le brunch, nouvel office religieux

  1. avatarAdrian

    Enooooooooorme hahaha enfin on règle son compte à cette tendance anglo-idiote qui fait baver les hipsos parisiens!

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