Ce que j'en pense

Ce que j'en pense

parce que je ne vois pas pourquoi ça ne vous intéresserait pas

Aller au marché

Pour retrouver une authenticité qu’ils ne sauraient pas définir, beaucoup de citadins n’ont pas le courage d’aller au Puy du Fou et se contentent de faire leurs courses au marché. Munis de leur petit sac en coton bio, ils vont d’un étal à l’autre et se sentent l’âme d’un José Bové car ils dédaignent un jour par semaine la grande surface où ils ont une carte de fidélité. Leur argumentaire est rodé, mais se rendent-ils compte de l’ineptie d’aller acheter sa nourriture dans la rue en 2015 ?
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Les objets connectés

Tout le monde le dit : les objets connectés, c’est l’avenir. Oui, mais le réchauffement climatique et l’explosion du soleil aussi sont l’avenir, et ça ne veut pas dire pour autant que c’est bien. Alors pourquoi les objets connectés poussent-ils autour de nous telle l’acné sur le visage d’un adolescent autrefois désirable ? Qu’est-ce qui pousse les gens à acheter des objets à l’utilité souvent injustifiable ? Voici une série d’arguments à l’emporte-pièce pour rabaisser vos amis fiers de leur dernier gadget.
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Le soutien scolaire

Y’a des soirs, tu rentres chez toi et ton cerveau a besoin de se reposer, mais ton corps n’a pas besoin de dormir. Dans ces situations, nos ancêtres coupaient du bois pour l’hiver, mais aujourd’hui on a de l’uranium et la télé. Il y a bien du foot sur TF1, mais mon cerveau est juste fatigué, pas liquéfié, donc je me contente de Capital sur M6. Ce soir-là, c’est Classes moyennes : les nouveaux sacrifiés ?, un titre bien choisi puisque tout le monde se croit concerné : les pauvres qui ne réalisent pas leur condition, et beaucoup de personnes aisées qui ont du mal à se racheter un nouvel iPhone tous les ans. Au sommaire : impôts, logement et retraite évidemment, mais aussi… soutien scolaire.
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Les touristes

En France, on a toujours des touristes près de chez soi à un moment ou un autre de l’année. Même à Limoges ou à Amiens il y en a, qui se sont trompés de sortie sur l’autoroute. On pourrait s’habituer, et se flatter de leur présence, mais on a toujours quelque chose à leur mettre sur le dos : l’augmentation des prix, les embouteillages, la mort de Jésus, etc.
Pour ceux qui ont la chance de partir en vacances, les touristes sont une nuisance encore pire, qui les empêche d’apprécier pleinement leur expérience. Mais pourquoi ces gens sont-ils aussi détestables ? Pourquoi ne restent-ils pas dans leurs pays en laissant aux gens bien (nous, donc) le privilège de découvrir le monde avant qu’il ne soit détruit par le CO2 des avions qui nous permettent de découvrir le monde ?
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Voilà l’été

Je prends un gros risque en attaquant un article sur l’été, vu que je suis à Paris et que même en plein mois de juin il peut d’un coup faire nuit pendant 48 heures et la température chuter au point de tuer les imprudents qui avaient sorti leurs pantacourts. Attendez, je regarde par la fenêtre… Ah non, les pantacourts n’existent plus. Gardez précieusement les vôtres, dans dix ans ce sera vintage et tous les hipsters se les arracheront. Ah non, pardon, dans dix ans les hipsters auront été éradiqués et ne seront qu’un mauvais souvenir, comme les danseurs de tecktonik ou le Front National. Ah, on me fait signe que non…
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Sortir en boite

J’ai déjà expliqué qu’il ne fallait pas sortir de chez soi le weekend, surtout si on est amené à prendre le métro. Vous avez sagement noté ça dans vos petits carnets, c’est bien. Il semble déplaisant de s’entasser dans un espace exigu et bruyant, entouré d’inconnus transpirants et avinés. À moins de mettre un peu de musique crève-tympan et de faire payer l’entrée, là, c’est bingo. Une boite de nuit n’est jamais qu’un métro qui vous emmène nulle part – à part les urgences éventuellement mais j’aborderai le coma éthylique et le GHB plus tard. Essayons ensemble de comprendre le phénomène des boites de nuit et pourquoi vous refuserez d’y aller à l’avenir.
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Le brunch, nouvel office religieux

Depuis qu’on ne va plus à l’église que pour des premiers mariages, on s’emmerde sec le dimanche matin. Les ruraux ont toujours un lopin de terre à retourner ou des chats à noyer, mais trouver une activité dominicale est plus compliqué pour les citadins. Les magasins de bricolage sont maintenant ouverts le dimanche, mais au bout d’un mois la sortie hebdomadaire chez Castorama peut briser un couple et faire exploser son budget tournevis. Alors que faire si on ne peut pas acheter des trucs ? Alors que glander au travail est une activité épanouissante, ne rien faire le weekend révèle cruellement la vacuité de nos existences. Heureusement il y a le brunch.
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Winner, le magazine des gagneurs

Un jour comme un autre tu te promènes dans la rue et là tu vois Alain Delon. Pas en vrai, hein, sur une affiche. Et là tu te demandes : est-ce qu’on l’a sorti du formol pour un film ou pour les municipales au Front National? Rien d’aussi grave, il est juste en couverture de Winner du mois d’octobre. Vous ne connaissiez pas Winner? C’est pourtant, d’après le sous-titre, "Le magazine des gagneurs // The magazine of success".
Sur l’affiche du kiosque, la citation "Seules les étoiles portent le sceau du destin !", avec ce point d’exclamation si sûr de lui, évoque Oscar Wilde à son sommet. Pourtant l’auteur de cette pensée profonde n’est autre que Véra Baudey, la directrice de publication, qui mentionne même son adresse mail en @wanadoo.fr comme tous les gagneurs. Finalement, la perspective de devenir un winner pour 5€ et susciter la jalousie de mon entourage l’emporte sur mes réticences.

Affiche publicitaire de Winner, le magazine des gagneurs Lire la suite

Les écrans, partout, tout le temps

En me réveillant, cet après-midi, mon salon était calme. Aussi calme qu’il peut être avec le voisin du dessous qui joue de la ponceuse toute la journée au point que je me demande si tout le contenu de son appartement cloisons comprises n’est pas déjà réduit à l’état de fine poussière. Calme, donc, et inerte, si ce n’est l’écran de mon PC encore éteint dont la petite lumière bleue clignote comme pour répondre à celle de mon téléphone qui semble réclamer mon attention pour un motif probablement futile. Derrière moi la télé, moins classe, se contente d’un bête signal rouge et fixe. Ces grosses surfaces noires, plates et inertes semblent me dire avec ces petites LED "je suis vivant", ce qui me fait furieusement penser à HAL dans 2001, Odyssée de l’espace. Soudain je prend conscience de tous ces objets morts sont beaucoup trop vivants.
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Petit lexique de la manif pour tous

À part quand il y a des événements tragiques comme la mort de trois Américains ou de mille Bangladais, les médias parlent beaucoup de la manif pour tous depuis des mois. C’est pratique : un reporter aux Invalides ça coûte moins cher que d’aller couvrir une manifestation à Notre-Dame-des-Landes. On a donc vu beaucoup de catholiques défiler dans leurs mocassins à gland, et un retour médiatique de Frigide Barjot – disparue depuis dix ans – et de Christine Boutin qui bien qu’au chômage depuis un an a de quoi voir venir avec les 800 000 euros de rançon versés par l’UMP en échange de son désistement à la présidentielle. Les Égyptiens ont les Frères musulmans, nous avons le Parti chrétien-démocrate dont la présidente déclare qu’il y a une loi "supérieure à la loi de la République". Chacun ses tares. Oui, j’ai bien écrit tare, sans accent aigu. Mais si le débat entre les pour et les contre a été mal vécu, c’est principalement à cause des nombreuses incompréhensions. En analysant les propos tenus ces derniers mois j’ai pu établir un lexique qui, bien que succinct, pourra aider à mieux saisir le sens que les opposants mettent derrière certains termes.
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