Ce que j'en pense

Ce que j'en pense

parce que je ne vois pas pourquoi ça ne vous intéresserait pas

Revoir son collège

Ayant fui à 800 kilomètres, je revois rarement le collège où j’ai respiré de l’amiante de 1994 à 1998. Mais je suis accidentellement passé devant et j’ai constaté qu’ils le rénovaient. Quelle connerie. D’une part d’un point de vue esthétique, puisque cet immonde masse de béton toute droit sortie des années Pompidou restera à jamais une plaie béante au milieu de cette petite ville de pierre et de tuiles romanes. D’autre part, le mal qui habite ce bâtiment ne sera pas anéanti par un simple coup de peinture. Ce serait comme mettre du maquillage à Gilbert Collard : c’est drôle, mais ça reste un sombre connard, avec juste du maquillage dessus. Non, pour résoudre les problèmes du collège Armand Coussens de Saint-Ambroix il n’y a qu’une solution : en finir avec lui.
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Les 30 ans

Un jour on est tranquillement en train de boire des bières en se caressant les pectoraux tout en achetant des billets de train à -50% et un matin, sans qu’on sache comment on a pu en arriver là, on a 30 ans. On s’en rend compte parce que des cons se font un malin plaisir en vous les souhaitant, ou alors parce qu’on n’arrive plus à fermer le dernier bouton de son jean. Au début on se dit que c’est de l’aérophagie, et que si on a besoin de s’asseoir pour enfiler ses chaussures c’est parce qu’on couve une mononucléose, mais en réalité ce n’est que le début d’une lente décrépitude physique qui s’amorce. Les femmes finiront le nombril entre les seins et les hommes devront rentrer le ventre pour voir leur sexe, c’est inéluctable, mais je parlerai des 40 ans une autre fois. Pour l’instant je vais m’en tenir aux 30 même si c’est encore un monde inconnu pour moi.
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Les soliloqueurs

Dimanche soir, alors que je rentrais nuitamment chez moi, honteusement lesté d’un gros sac KFC et la tête couverte d’une capuche (plus pour protéger ma fierté que mon brushing), j’ai été abordé par une femme à l’air avenant. Oubliant un instant que j’étais à Paris, j’ai répondu à son bonjour au lieu de lui dire non. Elle m’a alors livré son analyse politique, m’expliquant que cette année c’était un vote différent. Je ne lui ai pas demandé de développer sa pensée, trop pressé de rentrer voir France 2 poursuivre à moto le président sortant pour voir sa vitre teintée en direct. Quelques mètres plus loin, sur le trottoir d’en face, je vois une autre femme en train de discuter avec un interlocuteur imaginaire. Est-ce un hasard ? Mon quartier est-il peuplé de fous ? Est-ce l’avenir ? J’ai mené l’enquête.
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