Ce que j'en pense

Ce que j'en pense

parce que je ne vois pas pourquoi ça ne vous intéresserait pas

Karaoke : 5 bonnes raisons de dire non

À force de faire toujours les mêmes soirées entre amis, où l’on n’a plus rien à se dire, quelqu’un tentera fatalement de relancer l’intérêt en proposant un karaoké, telle une épouse délaissée arrêtant discrètement la pilule pour ressusciter son couple moribond. Évidemment, il est techniquement plus facile de s’enfuir au milieu d’un karaoké qu’au milieu de l’éducation d’un enfant. Est-ce une raison pour accepter sans rechigner de se prêter à ce dégradant divertissement ? Voici cinq arguments imparables pour refuser une éventuelle invitation.
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Les touristes

En France, on a toujours des touristes près de chez soi à un moment ou un autre de l’année. Même à Limoges ou à Amiens il y en a, qui se sont trompés de sortie sur l’autoroute. On pourrait s’habituer, et se flatter de leur présence, mais on a toujours quelque chose à leur mettre sur le dos : l’augmentation des prix, les embouteillages, la mort de Jésus, etc.
Pour ceux qui ont la chance de partir en vacances, les touristes sont une nuisance encore pire, qui les empêche d’apprécier pleinement leur expérience. Mais pourquoi ces gens sont-ils aussi détestables ? Pourquoi ne restent-ils pas dans leurs pays en laissant aux gens bien (nous, donc) le privilège de découvrir le monde avant qu’il ne soit détruit par le CO2 des avions qui nous permettent de découvrir le monde ?
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Winner, le magazine des gagneurs

Un jour comme un autre tu te promènes dans la rue et là tu vois Alain Delon. Pas en vrai, hein, sur une affiche. Et là tu te demandes : est-ce qu’on l’a sorti du formol pour un film ou pour les municipales au Front National? Rien d’aussi grave, il est juste en couverture de Winner du mois d’octobre. Vous ne connaissiez pas Winner? C’est pourtant, d’après le sous-titre, "Le magazine des gagneurs // The magazine of success".
Sur l’affiche du kiosque, la citation "Seules les étoiles portent le sceau du destin !", avec ce point d’exclamation si sûr de lui, évoque Oscar Wilde à son sommet. Pourtant l’auteur de cette pensée profonde n’est autre que Véra Baudey, la directrice de publication, qui mentionne même son adresse mail en @wanadoo.fr comme tous les gagneurs. Finalement, la perspective de devenir un winner pour 5€ et susciter la jalousie de mon entourage l’emporte sur mes réticences.

Affiche publicitaire de Winner, le magazine des gagneurs Lire la suite

Admire ma connerie !

S’il y a bien une chose qui me plaît dans le fait de bosser dans la télé – à part d’être honteusement surpayé – c’est la diversité. Chaque jour aller bosser dans un endroit différent, avec des gens différents, pour des émissions différentes. Je ne pourrais pas envisager de me lever tous les jours à la même heure, prendre le même métro et retrouver les mêmes collègues que je finirais par voir plus que mes enfants si par un improbable accident il m’arrivait d’en avoir. Cette vie saine et équilibrée me tuerait. Mais changer de lieu de travail tous les jours peut être dur à gérer pour un cerveau rongé par les excès.
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Petit lexique de la manif pour tous

À part quand il y a des événements tragiques comme la mort de trois Américains ou de mille Bangladais, les médias parlent beaucoup de la manif pour tous depuis des mois. C’est pratique : un reporter aux Invalides ça coûte moins cher que d’aller couvrir une manifestation à Notre-Dame-des-Landes. On a donc vu beaucoup de catholiques défiler dans leurs mocassins à gland, et un retour médiatique de Frigide Barjot – disparue depuis dix ans – et de Christine Boutin qui bien qu’au chômage depuis un an a de quoi voir venir avec les 800 000 euros de rançon versés par l’UMP en échange de son désistement à la présidentielle. Les Égyptiens ont les Frères musulmans, nous avons le Parti chrétien-démocrate dont la présidente déclare qu’il y a une loi "supérieure à la loi de la République". Chacun ses tares. Oui, j’ai bien écrit tare, sans accent aigu. Mais si le débat entre les pour et les contre a été mal vécu, c’est principalement à cause des nombreuses incompréhensions. En analysant les propos tenus ces derniers mois j’ai pu établir un lexique qui, bien que succinct, pourra aider à mieux saisir le sens que les opposants mettent derrière certains termes.
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Une soirée télé

Parfois, comme il pleut et que la vie mondaine me pèse, je déchire toutes mes invitations, je congédie ma bonne et je décide de passer une soirée tranquille et puisque mon cerveau a plus besoin de dormir que mon corps, je la passe devant la télévision. Quel sentiment de puissance de voir ces dizaines de chaînes qui se battent entre elles pour séduire le téléspectateur exigeant que je suis ! J’ai la zapette en main, et à moins d’une dramatique panne de piles, je peux sanctionner immédiatement ceux qui ne me distrairont pas, tel César pointant son pouce vers le ciel azuré ou vers le sol poussiéreux où se répandra le sang du condamné. Mais que me réserve l’industrie du divertissement en ce jeudi soir ?
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Se marier

Bien que fréquentant surtout des comédiens de théâtre et des personnes travaillant à la télé, je connais encore quelques hétérosexuels qui, mus par le désir de profiter du fragile monopole qu’ils ont encore là-dessus, décident de se marier. Bien entendu, je comprends qu’on puisse vouloir se faire offrir des cadeaux somptuaires alors qu’on vient déjà de voler la collectivité par un habile tour de passe-passe fiscal consistant à se marier en milieu d’année. Mais avant de passer à l’acte, je vous propose que nous analysions ensemble le pour et le contre, non pas d’unir sa vie à une autre personne – parce qu’on n’a pas inventé le divorce et l’homicide pour rien – mais d’organiser une fête où l’on invitera un maximum de personnes (ce sera proportionnel à la valeur du cadeau) dont une bonne partie par obligations familiales.
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Les allergiques imaginaires

Quand on était enfants, la vie était beaucoup plus simple. Pas seulement parce qu’on était des enfants et que nos géniteurs inconscients s’étaient implicitement engagés à nous nourrir, nous loger, nous vêtir et nous torcher pour des décennies, mais aussi parce que l’époque était plus sereine : pas de sida, de délocalisations, de Nicolas Sarkozy ni de crise de la dette. Mais le monde a changé (ou alors on en a pris conscience) et sont apparus, entre autre fléaux, les allergies alimentaires.
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Les meubles chers et moches

Pendant que le cinéma français se fait enculer par Kassovitz, moi je reçois des invitations pour des soirées bien plus prestigieuses qu’une stupide montée des marches en compagnie de la sous-préfette. Invitation au showroom de Poltrona FrauGrâce à la notoriété de ce blog, j’ai été convié à une soirée privée au showromm de Poltrona Frau. Vous ne connaissez pas Poltrona Frau ? Ça veut dire que nous vivons dans le même monde, où on achète ses meubles chez Ikéa. Vous ne maitrisez pas la langue de Tatcher ? Disons que showroom peut se traduire par "boutique sans prix affichés tellement ils sont surréalistes" et que le showcase d’un invité surprise – promis par l’invitation – se dit en français "mini-concert de quelqu’un si inconnu que préciser son nom serait contre-productif".
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Le vendredi soir dans le métro

Quand on n’est pas soumis à un planning de travail fixe, on a parfois tendance à oublier quel jour on est, jusqu’à ce que la réalité vous le rappelle durement. Par exemple, après avoir glandé toute la journée à la maison, vous vous dites "tiens, j’ai envie de me faire du mal, si j’allais voir Avengers ?". Dans le métro vous sentez bien que quelque-chose cloche, que les gens sont sapés comme des étudiants en commerce, qu’ils portent des bouteilles dans des sacs Monoprix. En arrivant devant le cinéma, le doute n’est plus permis en voyant les employés en costards bleu-cheap jouer les chiens de berger au milieu d’interminables files d’attente : on est vendredi soir. Bien sûr, ça concerne surtout les Parisiens et les citadins en général, mais les autres devraient se méfier parce que ça pourrait bien les surprendre le jour où ils quitteront la ferme pour aller trouver une épouse à la ville.

Si c’est la première séance il est encore temps de rentrer pour lire ce livre de poche commencé en septembre dernier, mais s’il est 23h passée il va falloir prendre… le métro de l’angoisse! [musique stridente]
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